10 jours de silence




Le 1er mars 2019, je débutais une retraite de méditation de 10 jours dans un monastère bouddhiste thaïlandais : Suan Mokkh.

Pour être honnête, j'ai mis beaucoup de temps à vouloir partager cette expérience très personnelle et transformatrice. J'avais besoin de digérer cette expérience, de réaliser qu'elle avait bien eu lieu, de voir l'impact sur mon nouveau Moi intérieur.

Aujourd'hui, 1 an après, je suis enfin prête !


Tout d'abord, laissez-moi vous relater notre chemin jusqu'à Suan Mokkh car cette expérience n'est pas arrivée par hasard dans notre tour du monde.


Avant de voyager et bien qu'Alex n'est jamais vraiment médité, on avait déjà parlé ensemble de l'envie de profiter de notre voyage et de notre temps pour faire une telle retraite. L'Univers a alors répondu à cette envie en nous envoyant des signes. Pour être plus précis deux voyageurs rencontrés au hasard en Inde, nous ont tous les deux recommandés cette retraite quand on leur disait aller en Thaïlande après notre séjour en Inde. Nous avons donc décidé d'écouter ces signes et le mois suivant commençait alors cette expérience à Suan Mokkh.

(D'ailleurs peut-être que cet article est le signe que tu attendais...)


Mais avant de me lancer dans un partage très personnel de mon expérience, j'aimerais clarifier certains points pour ceux qui se demanderaient s'il s'agit d'une retraite Vipassana.

Non, cette retraite à Suan Mokkh n'est pas considérée comme une retraite Vipassana, bien qu'elles soient toutes les deux des retraites de méditation, en silence, d'une durée de 10 jours et bouddhistes. Elles n'ont pas les mêmes fondateurs, Goenka pour les retraites Vipassana et Buddhadhassa pour Suan Mokkh. Celle proposée à Suan Mokkh se base sur la méditation Anapanasati et considère que le concept de Vipassana qui est l'observation des sensations physiques, est partie prenante de toute méditation. A travers mes recherches sur les retraites Vipassana, je dirais surtout que la plus grande différence serait que la retraite Vipassana se concentre sur une pratique assise pendant plusieurs heures d'affilées alors que celle proposée à Suan Mokkh considère toute activité comme une méditation et intègre donc au planning des temps de marche, de Qi Gong, Yoga, chants...

A mon sens, cette approche permet d'ouvrir la méditation à plus de monde, notamment aux débutants et surtout de l'intégrer plus facilement à sa vie de tous les jours.


Il y aurait tellement à dire sur le sujet que je prévois de vous partager ce que j'ai appris sur la méditation Anapanasati et le bouddhisme dans de prochains articles.


Mais ici, j'ai plutôt envie de partager avec vous des extraits de mon carnet de bord que j'ai tenu pendant la retraite. De manière simple et directe, j'y relate mes aléas physiques, mentaux et émotionnels par lesquels je suis passée pendant cette retraite.

Et il y en a eu pas mal !


Je pense que ce partage personnel sera utile à ceux qui auraient envie de vivre une telle expérience mais seraient encore bloqués par certaines peurs.


 

Extraits de mon carnet de bord


J -1

Découverte du centre de Suan Mokkh, des différents espaces de méditation. Nature présente. Arbres majestueux dont un magnifique Banyan Tree qui me fascine.

Entretien d'inscription pour connaître les raisons de ma venue. Proposition de la volontaire de me nommer professeur de yoga du groupe des femmes. Refus en expliquant avoir besoin de me reconnecter à moi-même avant de pouvoir guider les autres.

Engagement pris de laver deux fois par jour le sol d'un des espaces de méditation.

Choix avec Alex de nos emplacements dans le grand hall de méditation. Chacun de part et d'autre de l'allée centrale qui sépare les hommes et les femmes. Besoin de se rassurer et de se soutenir mutuellement en sachant l'autre pas loin.

Premier rassemblement collectif pour faire voeu de silence, de respect des règles du monastère et du centre.

Voeu de ne plus regarder Alex pendant 10 jours. Voeu de se connecter à sa vraie nature, de se détacher de l'égo, du confort, du matérialisme, de la société, des technologies.

Voeu d'accepter l'inconfort, la souffrance et de les dépasser.

Premier repas collectif en silence avec l'agréable sensation de ne plus entendre les gens parler pour ne rien dire!